Depuis bientôt trois semaines les cheminots ont cessé de travailler, pour cause de revendications sociales. En premier lieu, le maintien d'un privilège de l'époque des locomotives à charbon : trente-sept ans et demi de cotisations pour obtenir une retraite pleine, et non quarante comme le commun des travailleurs du privé. Puis, pêle-mêle, des approximations politico-syndicales focalisées, comme une antienne abrutissante, sur le « retrait du plan Juppé ».Toute une série de fonctionnaires ont suivi le mouvement des hommes du rail, chacun y allant de sa ritournelle particulière, tous imperméables à un quelconque raisonnement. SNCF, RATP, Poste, EDF, impôts, douane, France Telecom, etc. La paralysie des transports et des centres de tris postaux occasionne les plus graves désagréments.
Les enfanteurs de ces mouvements sociaux, chatouilleurs du pouvoir, sont
des étudiants en mal de locaux et de professeurs.
des étudiants en mal de locaux et de professeurs.On pourrait décortiquer chaque point, tous les détails de leurs attentes, mais chacune ne peut se résoudre que par des dépenses supplémentaires. Or l'endettement du pays n'est plus tenable. Le gouvernement Juppé choisit de lancer de profondes réformes pour assainir les comptes du pays, mais sa méthode, pour faire passer ces nouveaux efforts, se révèle désastreuse et autorise tous les à-peu-près des grévistes.
(10 décembre 1995)


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